Big Data : pour une révolution responsable

Big Data : pour une révolution responsable

Alors que l’édition 2016 de Big Data Paris vient de s’achever, il est temps de prendre acte d’un fait : pour les grandes entreprises, la pleine maîtrise de la donnée n’est plus une option, mais une mutation oblige.

Regardons la transformation en marche, secteur après secteur: Airbnb change la donne sur la location de vacances, Uber mord sérieusement sur l’offre de taxis, Netflix s’attaque frontalement à l’industrie culturelle. Peu à peu, ce phénomène, qu’on a appelé «uberisation» et qui se révèle parfois être une «uberpaupérisation», se répand à l’ensemble des activités, contraignant les grandes entreprises à se transformer pour conserver leur position durement acquise.

Airbnb, Uber, Netflix et tant d’autres, on aurait tort de ne voir dans cette dynamique qu’une succession de projets numériques bien réalisés. La qualité de l’expérience utilisateur n’est que la partie visible de l’iceberg. En réalité, le succès des Gafa[Google, Apple, Facebook, Amazon] et autres Natu [Netflix, Airbnb, Tesla, Uber] repose toujours sur le même pouvoir: la pleine maîtrise de la donnée. Chacun d’entre eux est parvenu à identifier des gisements de données totalement inexploitées pour les transformer en valeur.

Quelques exemples: Airbnb tire son avantage à partir de ce qu’on appelle le «machine learning» [apprentissage automatique], Uber est une initiative de «crowdsourcing» [production participative], Netflix doit une bonne part de son succès à ses algorithmes de recommandations.

Quelques chiffres établis par l’agence 360i suffisent à se convaincre du potentiel de la «data driven decision»: par rapport à des concurrents qui n’y ont pas recours, elle permet, en moyenne, de réduire les coûts de 20%, d’augmenter les profits de 6% ou encore d’accroître la productivité de 5%! C’est ainsi que ceux qui maîtrisent la donnée parviennent à offrir de meilleurs services à des coûts bien inférieurs à leurs concurrents.

Dans ce contexte, les grands de l’industrie et du service n’ont évidemment plus le choix: ils doivent muter à leur tour. Bonne nouvelle, ils disposent d’un atout maître pour conquérir ou conserver leur position de force dans ce monde transformé par la donnée. Car bien souvent, ce sont eux qui disposent des plus grands gisements de données en historique et en quantité.

Prenons un exemple simple: Amazon peut attaquer E.Leclerc, Carrefour ou Auchan, mais ces derniers sont ceux qui en savent le plus sur le parcours client en grandes surfaces. De ce fait, ils sont les mieux placés pour être les premiers à faire dialoguer de manière autonome un chariot connecté avec un réfrigérateur afin de permettre le réapprovisionnement automatique.

Attention! Cette mutation pour autant qu’elle est indispensable doit être menée avec la plus grande vigilance: nos grands de l’industrie ou des services ne sont pas aussi libres de leurs mouvements que les «born global». Ils sont davantage contraints par leur responsabilité sociale, par la confiance des clients acquise lentement et si délicate à préserver. Rompre ce lien de confiance par une mutation big data mal conduite les placeraient dans une situation encore plus difficile et peut-être irrévocable. Ils doivent engager cette révolution, certes, mais de manière responsable.

Dans dix ans, la révolution big data aura tout changé dans notre quotidien. Dans ce nouveau monde transformé par la pleine maîtrise de la donnée, les grands de l’industrie ou des services garderont toute leur place pour peu qu’ils engagent, maintenant, leur révolution responsable.